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Constitution Antoniniana sur le droit de cité romaine

( 211-212 apr. J.-C. )

Présentation du texte

L‘édit de Caracalla de 212, également appelé Constitutio Antoniniana, demeure à ce jour l’une des lois les plus connues de l’Empire romain. Il accorde la citoyenneté romaine à tout homme libre de l’Empire qui ne l’avait pas encore obtenue. Mais les raisons qui poussèrent Caracalla à prendre cette mesure restent encore mal connues.  Élargir l’assiette de l’impôt semble fort improbable, dans la mesure où les populations sous domination romaine le payaient déjà. Raffermir le pouvoir de l’empereur en s’appuyant sur la population des provinces ? Simplifier les procédures administratives en réduisant le nombre de statuts ? L’historien romain (d’expression grecque) Dion Cassius préfère s’en tenir à une explication fiscale : en accordant le droit de cité à un très grand nombre d’habitants, l’empereur apporterait  un revenu considérable à l’Empire avec l’impôt sur la succession.

Traduction française

      [L’Empereur César] Marc Aurèle Sévère Antonin Auguste proclame :
[Il faut donc…], après avoir reçu des pétitions (?) et des [requêtes], [chercher] avant tout comment je pourrai rendre grâces aux dieux [immortels] de m’avoir sauvé par une telle [victoire (?) …]. Voilà pourquoi j’estime pouvoir accomplir de manière si [magnifique (?) et si pieuse (?)] un acte qui convienne à leur majesté en ralliant [aux cérémonies de leur culte (?)] [les pérégrins], toutes les fois qu’ils viendront se joindre à mes hommes. Je donne donc à tous [les pérégrins qui sont dans] l’Empire le droit de cité romaine, étant entendu [que sont maintenues les cités de toute sorte] excepté celles des déditices. Il se doit en effet que [la multitude… non seulement…] … tout, mais qu’elle soit dès maintenant associée aussi à la victoire. Et le présent édit augmentera (?) la majesté du [peuple] romain, …

      [L’Empereur César] Marc Aurèle Sévère Antonin Auguste proclame :
[D’une manière générale, c’est à la divinité qu’il faut] avant tout [reporter et] les causes et les raisons (des choses) ; [et moi aussi, comme il se doit], je voudrais rendre grâces aux dieux [immortels] pour m’avoir sauvé d’un tel [complot tramé (contre ma vie)]. Voilà pourquoi j’estime pouvoir accomplir de manière si [magnifique et si digne des dieux] un acte qui convienne à leur majesté, en ralliant [à leur culte, comme Romains], [autant de fois de dizaines de milliers (de fidèles)] qu’il en viendra chaque fois se joindre à mes hommes. Je donne donc à tous [ceux qui habitent] l’Empire le droit de cité romaine, étant entendu [que personne ne se trouvera hors du cadre des cités], excepté les déditices. Il se doit en effet [que la multitude soit non seulement associée] aux charges qui pèsent sur tous, mais qu’elle soit désormais aussi englobée dans la victoire. [Et le présent édit] augmentera la majesté du [peuple] romain : [il est conforme à celle-ci] que d’autres puissent être admis à cette même [dignité que celle dont les Romains bénéficient depuis toujours], alors qu’en étaient exclus… de chaque…

Papyrus P. Giss. 40, I (Girard & Senn, Les lois des Romains, Naples, 1977, pp. 478-490)