De l’utilité des sciences sociales

De l’utilité des sciences sociales

La disproportion incroyable entre les budget accordés aux dites « sciences exactes » et aux sciences sociale repose sur un soupçon quand à leur utilité. Voici une courte mais convaincante démonstration quant à l’utilité des sciences sociales.

A.W. L. : Comment voyez-vous le rôle des sciences sociales dans la mondialisation actuelle ?

  1. G. : J’ai été pendant plusieurs années expert auprès de la Commission européenne au sein d’un groupe de conseillers pour les sciences sociales. Pour moi, il était important de promouvoir au niveau européen le développement des sciences sociales et de dresser un état des lieux, c’est-à-dire un état des forces et faiblesses de l’Europe dans les différentes disciplines des sciences sociales : l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, l’économie, la psychologie, etc. Cela me semblait nécessaire parce que ce n’est pas avec les nanotechnologies ou la biologie moléculaire qu’on va comprendre les différences qui opposent, dans l’Islam, le chiisme au sunnisme, ou l’Irak à l’Arabie Saoudite. Pour le démontrer, j’ai eu l’idée, à l’époque, de rédiger une note pour la Direction générale de la recherche auprès de la Commission européenne, sur le fait que quinze des dix-neuf terroristes des Twin Towers étaient d’Arabie Saoudite, le pays le plus étroitement allié aux États-Unis dans le monde islamique. Or, en préparant cette note, j’ai découvert à mon vif étonnement qu’au début du XVIII° siècle l’Arabie Saoudite n’existait pas. L’affaire avait débuté en 1742 par la rencontre de deux hommes : Mohammed Abd al-Wahhab et Mohammed ibn Saoud. C’est à partir de là que commence à naître une nouvelle société, et cela, une fois encore, par le jeu de rapports politico-religieux. Al-Wahhab était un réformateur religieux expulsé de sa confédération tribale parce qu’il prêchait une réforme rigoriste de l’islam pour en revenir aux vraies paroles du Prophète. Il condamnait les autres musulmans comme de mauvais musulmans, et prêchait contre eux le djihad. Après son expulsion, il fut accueilli par le cheikh d’une petite bourgade, Dariya, au cœur de l’Arabie. Celui-ci, Mohammed ibn Saoud, un ambitieux, voulait soumettre les tribus voisines et les dominer. Tout le problème est que, en milieu tribal musulman, l’on ne peut pas se lancer dans une conquête sans invoquer la religion… Il lui fallait donc une légitimité religieuse, que lui apportait Abd al-Wahhab. Quand à ce dernier, il avait besoin d’une force politique et militaire, que lui procurait Ibn Saoud. C’est de cette rencontre – qui scella l’union de deux forces sociales, le religieux et le politico-militaire – qu’est né le premier État d’Arabie Saoudite qui devait, au début du XIX° siècle, conquérir La Mecque et Médine, le cœur du monde musulman.
  1. W. L. : Quelle est la situation du wahhabisme dans le contexte mondial actuel ?
  1. G. : L’histoire s’est poursuivie jusqu’à Oussama ben Laden et au-delà. Le wahhabisme, aujourd’hui la variante la plus antichrétienne, anti juive et anti-occidentale du sunnisme, était, au départ, la religion d’Etat de la dynastie Saoud. Elle le reste. Mais, après la Seconde Guerre mondiale, après l’échec du monde arabe devant la formation d’Israël, une partie des fidèles du wahhabisme s’est radicalisée, et le djihad n’est plus dirigé, comme au XVIII° siècle, contre les mauvais musulmans, mais désormais, contre les juifs, les chrétiens et l’Occident en général. Ce qui n’a pas empêché les Américains, lors de l’invasion de l’Afghanistan par les Russes (1979), d’armer des milliers de ressortissants d’Arabie Saoudite, parmi lesquels Oussama ben Laden, pour lutter contre les communistes. Armés par les Américains mais financés par l’Arabie Saoudite, après la défaite des Russes (1989), un grand nombre de combattants venus d’Algérie, de Tchétchénie, d’Indonésie et d’ailleurs sont restés sur place et ont créé Al-Qaïda, c’est à-dire « la base ». Quelques années plus tard, ce fut l’attentat du 11 septembre 2001.

Mais, depuis, 1938, l’Arabie Saoudite n’était plus seulement le pays qui contrôlait le centre mondial de l’islam. C’était devenu le premier producteur mondial de pétrole. On avait là le cumul de deux forces historiques : l’une qui relève de l’imaginaire (la religions islamique), l’autre de la géostratégie matérielle (le pétrole). Ma note pour la Direction de la recherche européenne concluait en montrant qu’il fallait mobiliser au moins onze sciences sociales différentes pour bien comprendre les attentats perpétrés contre les Twin Towers. Il fallait connaître le théologie islamique, l’histoire du Proche et du Moyen-Orient et de la colonisation européenne, la géopolitique, la philosophie de l’islam, etc. En revanche, la biologie moléculaire ou les nanotechnologies ne semblaient d’aucune utilité pour comprendre les contradictions et conflits dans lesquels nous allons continuer à vivre au XXI° siècle….

Aliocha Wald LASOWSKI, « Pensées pour le nouveau siècle », Fayard, 2008, 567 p.

Extrait des pages 154-156

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Rationalité économique

La rationalité économique peut être examinée et critiquée de plusieurs manières. Mais parfois, une petite page de littérature en dit aussi long qu’un développement ardu. Lisez seulement ce réjouissant texte de G. Duhamel qui, sans le dire, faite une critique cinglante – et joyeuse – d’une certaine rationalité économique.

Les confitures

Le jour où nous reçûmes la visite de l’économiste, nous faisions justement nos confitures de cassis, de groseille et de framboise.

L’économiste, aussitôt, commença de m’expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-mêmes, que c’était une coutume du Moyen-âge, que, vu que le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée et que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute économique.

  • Attendez, Monsieur, le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal ?
  • Quoi donc ?
  • Mais l’odeur, Monsieur, l’odeur, respirez : la maison toute entière est embaumée. Que le monde serait triste sans l’odeur des confitures !

L’économiste à ces mots ouvrit des yeux d’herbivore. Je commençai de m’enflammer :

  • Ici, Monsieur, nous faisons nos confitures uniquement pour leur parfum, le reste n’a pas d’importance ; quand nos confitures sont faites, eh bien Monsieur, nous les jetons.

J’ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures… en souvenir de leur parfum !!!

Georges DUHAMEL (1884-1966)

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Tristan Da Cunha

Tristan Da Cunha

Il y a plusieurs manières de s’interroger sur nos sociétés et de prendre du recul par rapport au « développement ». Celle choisie par Michel BEAUD est particulièrement convaincante. Voici comment il rapporte la mésaventure arrivée aux habitants de l’île de Tristan da Cunha

Depuis deux ans, la petite île de Tristan Da Cunha, dans l’Atlantique Sud, est de nouveau peuplée de ses 274 habitants. Qu’y font-ils ? Ils travaillent pour vivre. Ils travaillent durement, de l’aube à la nuit, pour produire de quoi vivre misérablement. Ils sont donc condamnés à rester sur cette île du bout du monde ? Non, précisément non : ils sont installés à Tristan Da Cunha parce qu’ils ne veulent vivre nulle part ailleurs. Qu’est ce qui les retient dans cette île ? A un sociologue qui vient le leur demander, ils ont répondu : « La liberté ».

Il faut essayer de comprendre cette réponse. Pour cela, il faut rappeler la brève histoire des habitants de Tristan Da Cunha. Elle contient une condamnation naïve, mais sans appel, du monde dans lequel nous vivons et de ses prétendues richesses.

Cette histoire commence en octobre 1961. Le volcan qui domine de très haut l’île de Tristan Da Cunha, et que l’on croyait éteint depuis des millénaires, venait d’entrer en éruption. Une gigantesque coulée de lave descendait vers l’étroite bande côtière où les habitants avaient édifié leurs maisons, et la terre qui s’y soulevait en grosses cloques menaçait de tout engloutir. L’administrateur des colonies de Sa Majesté britannique, Peter Wheeler, décida de faire évacuer toute la population.

A l’époque, toute la presse britannique s’émut du sort de ces pauvres gens. Il était grand temps qu’on vienne les arracher à l’île la plus isolée du monde, sise à 3200 km à l’Ouest du Cap, à 1500 km au sud-ouest de Sainte-Hélène, grande seulement de 30 km2, réputée inhabitable. Au cours des cent quarante cinq années écoulées, brèves avaient été les périodes pendant lesquelles des hommes « civilisés » – fonctionnaires du Colonial Office, médecins, pasteurs, instituteurs – avaient accepté de séjourner dans l’île. Ceux que le gouvernement britannique ou l’Église anglicane avaient dépêchés étaient tous parvenus, en l’espace de quelques semaines ou de quelques mois, à la même conclusion.

Tristan Da Cunha – c’était le jugement unanime – est une île sans aucun intérêt ; une île absolument inhospitalière ; une île au climat inclément, souvent balayée par des tempêtes ; une île au sol pauvre, dénuée de richesse et même de beautés naturelles.  Bref, une île dont on ne fera jamais rien et dont tous les visiteurs avaient recommandés l’évacuation – en commençant par la leur propre – comme le seul service qui pu être rendu à ses habitants.

Ceux-ci, d’ailleurs, n’occupaient l’île que depuis une date relativement récente : 1817. En cette année, la Grande-Bretagne décida de retirer la garnison qui, à Tristan Da Cunha, ne remplissait aucune fonction utile, l’île n’ayant pas la moindre valeur stratégique. Tous les soldats de Sa Majesté partirent, sauf un : le caporal écossais Glass, qui s’obstina à rester, avec sa famille.

Au bout de dix ans, les enfants du caporal Glass avaient grandi. La famille, semble-t-il avait été rejointe à Tristan Da Cunha par des marins naufragés – ou des mutins débarqués par leur capitaine. La chose n’est pas claire. Il n’existe pas de chronique écrite. Toujours est-il que la population de l’île, en 1827, était de 7 hommes, deux femmes, deux enfants, et qu’il manquait 5 femmes pour contenter tout le monde. On alla donc chercher à Sainte-Hélène les femmes qui manquaient, et ces femmes, à la différence des hommes, avaient la peau sombre.

Qu’à cela ne tienne. La petite communauté de Tristan Da Cunha se donna une « Constitution » qui est restée en vigueur depuis. Elle est aussi brève que simple : tout le monde jura que « nul ne prendra aucune supériorité sur nul autre et [que] chacun sera considéré comme un égal à tous égards ».

En 1961, quand elle fut évacuée, la communauté vivait encore comme en 1827. La nourriture de base était la pomme de terre, cultivée à la main dans la terre médiocre de la bande côtière. Les quelques 700 moutons de l’île donnaient un peu de viande et de lait aux 280 habitants ; ils leur donnaient surtout leurs peaux et leur laine, c’est-à-dire de quoi se vêtir. Quand la mer le permettait, les hommes pêchaient la langouste. Le produit de leur pêche, vendu à vil prix aux chalutiers de haute mer d’une compagnie de pêche, permettait aux habitants de l’île de se procurer, en échange, quelques produits industriels : lampe à pétrole ou à acétylène, bottes en caoutchouc, matériel de pêche et, en période de « prospérité », un peu de thé et de sucre.

Aux yeux des étrangers, c’étaient là des conditions de total dénuement, voire de malnutrition caractérisée, insupportables pour un homme civilisé. Aussi les anglais, à commencer par les autorités britanniques, firent-ils de leur mieux pour offrir aux 280 évacués de Tristan Da Cunha une vie plus décente, dès leur arrivée en Angleterre. Des dons charitables affluèrent ; des baraquements qui avaient servi à l’armée furent mis à la disposition des évacués, dans le Hampshire, des emplois furent trouvés pour les hommes : postes de manutentionnaire dans des entreprises de camionnage, de manœuvre dans des usines, de plongeur dans des cantines.

Cela dura deux ans. Deux ans pendant lesquels une communauté sortie tout droit du XVIIIème siècle, qui parlait l’anglais du XVIIIème siècle et dont la culture écrite se bornait pour l’essentiel à la Bible, se trouva insérée dans la civilisation de l’ « opulence », découvrit la voiture automobile, la bicyclette, le chemin de fer, la radio, les bas nylon, les cuisinières à gaz, les chaussées asphaltées, les écoles, le cinéma, bref toutes les richesses du XXème siècle industriel et aussi les institutions de la vie collective, inconnues dans l’île : la police, l’impôt, les règles de circulation, les horaires et la discipline du travail, les vacances, les inégalités de revenu, d’éducation, de fortune.

Comment réagirent les réfugiés de Tristan Da Cunha ? Ils se serrèrent les coudes et restèrent repliés sur leur communauté et leurs souvenirs, dans la mesure du possible. Au bout de deux ans, quand ils apprirent que le volcan s’était calmé pour de bon et que, peut-être, leur île pourrait être rendue habitable de nouveau, ils se concertèrent. Les données étaient les suivantes : tous les moutons, abandonnés dans l’île, étaient morts ; le stock de pommes de terre de semence avait été presque totalement détruit : les champs de pommes de terre, abandonnés pendant deux années, étaient ravagés par les parasites ; les maisons avaient été mises à sac, vraisemblablement par des marins de passage, et certaines d’entre elles avaient brûlé ; la plage était recouverte par 20 mètres de lave et il ne restait trace du petit atelier d’empaquetage des queues de langouste.

Tel était, en substance, le rapport d’une mission envoyée pour reconnaître l’île.

Pourtant, s’étant concertés, les réfugiés votèrent à l’unanimité, moins six jeunes femmes qui s’étaient mariées en Angleterre, leur souhait de retourner à Tristan Da Cunha. Le Colonial Office s’inclina. Pour faciliter leur réinstallation, il fit dont aux réfugiés de 150 moutons et d’autant de poulets, d’un stock de pommes de terre de semence, et il incita la compagnie de pêche maritime qui entretenait deux bateaux dans cette partie de l’Atlantique à reconstruire un atelier de conditionnement de queues de langoustes.

Mais l’atelier n’offrait d’emploi qu’à une douzaine d’hommes, les travaux publics auxquels l’administration coloniale employait quelques dizaines d’autres, payaient le salaire local : 60 centimes par heure, soit 24 à 30 F par semaine. Le stock de pommes de terre de semence ne résista pas au climat local : la récolte de la première année fut entièrement perdue. Celle de la seconde année ne vint guère mieux : les semences étaient infestées de parasites qui ajoutèrent un fléau supplémentaire aux calamités de l’île.

Pourtant, les habitants de Tristan Da Cunha tiennent bon. De quoi vivent – ils ? De leurs économies. Car pendant leurs deux années en Angleterre, ils avaient économisé une fortune : elle est évaluée à 252 000 F. Et non seulement ils avaient mis de l’argent de côté, ils avaient encore amassés des provisions de tout ce qui leur était nécessaire : outillage à main, meubles, tapis, postes à transistor.

Comment étaient-ils parvenus à accumuler ces richesses avec des salaires de manutentionnaire et de manœuvre ? Tout simplement en restant totalement imperméables au mode de vie, aux besoins, aux envies de la civilisation « opulente ». En Angleterre, 35 F par semaine, soit le tiers du salaire minimum vital d’un manœuvre célibataire britannique, suffisaient à faire vivre une famille de réfugiés composée de quatre adultes et d’un bébé.

Bref, ces gens « n’avaient pas de besoins », ou, plutôt, ils en avaient un qui l’emportait sur tous les autres : le besoin de fuir au plus vite cette société européenne du XXème siècle. Le même besoin, en somme, qui meut les membres de cette société elle-même, mais avec cette différence importante : pour les Britanniques, cette fuite ne peut être que momentanée et provisoire.

Ils travaillent toute la journée pour pouvoir se payer le soir l’évasion télévisée ou cinématographique, l’évasion dans le pavillon individuel avec son minuscule « jardin de curé » ; ils travaillent toute la semaine pour pouvoir se payer le dimanche l’évasion motorisée vers les plages ou la saoulerie à la bière, au whisky et au rock ; ils travaillent toute l’année pour pouvoir s’évader pendant trois semaines aux Canaries, en Sicile, dans les Cyclades, sur la Costa del Sol ou en Jamaïque.

Les réfugiés de Tristan Da Cunha, eux, n’avaient pas besoin de s’acheter quotidiennement ou hebdomadairement ces évasions temporaires ; ils s’en privaient pour pouvoir s’évader pour de bon. Pour pouvoir retourner dans une île inclémente, sans confort, sans beauté, ni richesse, mais aussi sans exploiteurs ni exploités, sans riches ni pauvres, sans gens bien élevés ni analphabètes, sans voleur ni police, sans horaires ni discipline, bref, sans besoin de s’évader de quoi que ce soit.

C’est là ce qu’ils viennent d’expliquer au professeur Peter Munch, de l’université de l’Illinois du Sud (États-Unis) : « Si la vie était aussi libre en Angleterre qu’à Tristan, lui dit un homme, je ne refuserai pas de vivre en Angleterre. Mais je n’ai pas l’habitude de travailler pour un patron. Ici, je travaille pour mon plaisir ».

Telle est l’histoire des habitants de Tristan da Cunha. Les hommes de ce temps qui, à l’occasion, se demandent : « Qu’est ce que nos arrière-arrière-arrière-grands-pères penseraient de nous ? » tiennent désormais la réponse. Une petite communauté primitive émerge du fond des âges, se trouve précipitée en plein XXème siècle industriel, en regarde d’un œil étonné, pendant deux ans, les hommes et les merveilles, et n’a qu’un seul désir : retourner au fond des âges. Pour tous ceux qui croient en la valeur absolue du progrès, c’est une leçon terrible qui vient de Tristan da Cunha.

Michel BEAUD

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La conscience écologique des amérindiens

La conscience écologique des amérindiens

La conscience écologique des amérindiens se révèle dans toute sa profondeur dans le texte ci-après.

En 1854, le Grand chef Blanc à Washington (Franklin Pierce, Président des États-Unis) offrit d’acheter une large zone du territoire indien et promit une «Réserve» pour le peuple indien. La réponse du Chef Seattle, publiée ici intégralement, a été décrite comme la plus belle et la plus profonde déclaration jamais faite sur l’environnement.

Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

     Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte est sacré dans le souvenir de l’expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme rouge.

     Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme – tous appartiennent à la même famille.

     Aussi lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons, donc votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs, parle d’événement et de souvenir de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës, et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères, et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un père.

Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela  ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Je ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l’homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’homme rouge est un sauvage et ne comprend pas.

Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprend pas. L’indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon.

L’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle – la bête, l’arbre, l’homme, ils partagent tous les même souffle. L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, que l’air partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l’homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Nous considérons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et ne connais pas d’autre façon de vivre, j’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude d’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait de cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol ils crachent sur eux mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.

Même l’homme blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons et que l’homme blanc découvrira peut-être un jour – c’est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l’homme, et sa pitié est égale pour l’homme rouge et le blanc. Cette terre lui est précieuse, et nuire à la terre, c’est accabler de mépris le créateur. Les blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardent de la force du Dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui, pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l’homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d’hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternie par des fils qui parlent. Où est le hallier ? Disparu. Où est l’aigle ? Disparu. La fin de la vie et le début de la survivance.

Publié dans Silex, « La sensibilité Ecologique », n°18/19

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Du consommateur au consom’acteur

DU CONSOMMATEUR AU CONSOM’ACTEUR

« Si le consommateur est roi dans l’ordre économique, il faut reconnaître que c’est un roi fainéant » (Charles Gide, Le règne du consommateur, 1910)

Définition : Par consom’acteur on désigne un consommateur qui a conscience de son pouvoir de consommateur et qui cherche à mettre sa pratique de consommateur en conformité avec le type de société qu’il recherche. Son souci de cohérence le conduit à faire des choix de consommateur conformes à ses convictions morale et/ou politiques.

Origine

Le mouvement s’enracine dans la critique de la société de consommation en mai 1968 ainsi que dans le consumérisme traditionnel. Il regroupe plusieurs mouvements qui confluent vers une consom’action globale, notamment :

– Ceux qui consomment autant que possible des produits de l’agriculture biologique pour soutenir une agriculture non polluante ;

– Ceux qui réduisent leur consommation d’électricité car ils savent qu’elle est à 80% d’origine nucléaire ;

– Ceux qui achètent leur café, leur cacao, leur thé, etc., dans des réseaux de commerce équitable ;

– Ceux qui s’abstiennent de voyages intercontinentaux pour ne pas trop contribuer au trou dans la couche d’ozone et à l’effet de serre ;

  • (…).

Quelques exemples d’action

*    Économiser l’énergie : (éteindre la lumière, réduire le chauffage, utiliser des ampoules basse tension, moins utiliser la voiture, laver le linge à basse température, choisir des équipements frigo et machines à laver économes, s’abstenir de climatisation, supprimer les appareils en veille.

*     Limiter les déchets : privilégier le réutilisable et le recyclable, suivre les consignes de tri sélectif, utiliser un cabas plutôt que des sacs en plastiques, apporter en déchèterie ses déchets ménagers polluants, rapporter les piles usagées et les cartouches d’imprimantes en magasin, mieux : les recharger !

*    Modifier son alimentation : ne pas manger de fraises en hiver ni de pommes du Chili importées par avion, acheter bio équitable et local, réduire sa consommation de viandes, réduire sa consommation de produits importés d’autres continents, manger les fruits et légumes « de saison » ;

*   Utiliser le moins possible de piles et batteries, choisir des peintures NF environnement, acheter des produits sous écolabels, ne consommer que du bois FSC provenant de forêts locales gérées de façon durable …

Implication

Le consommateur considère qu’il ne vote qu’une fois tous les quatre ans pour désigner ses représentants politiques alors que le consom’acteur a compris qu’il vote plusieurs fois par jour en choisissant ce qu’il achète. En effet, chaque achat est une validation de la décision de produire du producteur.       Comme le disait Coluche dans « Misère » en parlant de gadgets : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne les achètent plus pour qu’ils ne soient plus produits… ! ».

On peut dire que le consom’acteur est mu par un souci de cohérence, une démarche éthique : il met en œuvre le principe de responsabilité.

Appréciation

On voit bien que ce mode d’action serait tout-à-fait insuffisant s’il restait le seul mode d’action de l’individu. Mais les consom’acteurs sont le plus souvent également engagés dans l’action collective de type associatif et éventuellement de type politique.

Pour aller plus loin :

Laville Élisabeth, et Balmain Marie : Achetons responsable !, Paris, Seuil, 2006, 460 p.

Beavan Colin : No impact man, Paris, Éditions du Fleuve noir, 2010, 270 p.

http://www.consommerdurable.com/

Mariaccia Stéphanie : Le guide du consom’acteur, Ed. Le Sang de la Terre, 167 p.

(Extrait de : V. PLAUCHU « Socio-économie de l’environnement », Éditions Campus Ouvert)

 

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Acteurs et outils pour la transition écologique

Acteurs et outils pour la transition écologique

Les acteurs, leurs actions et les outils mobilisés pour mettre en œuvre la transition écologique

Ce tableau récapitulatif donne des exemples de stratégies et d’actions que peuvent engager les différents acteurs et des méthodes et outils pouvant être mis en œuvre pour la transition écologique

LES ACTEURS ET LEURS STRATÉGIES LES MÉTHODES ET OUTILS QU’ILS PEUVENT METTRE EN ŒUVRE
Les Consommateurs et les citoyens

La consommation responsable

L’action individuelle concertée

La simplicité volontaire

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L’achat responsable

L’empreinte écologique

L’empreinte carbone

L’action collective des citoyens organisés

L’action villageoise

L’action associative de dénonciation des pollueurs

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L’action associative de promotion des alternatives non polluantes

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Le reboisement collectif

Le prix Pinocchio

Le boycott

Le label AB et la certification forêt durable et pêche durable

Stratégies des entreprises

Aider les salariés à adopter des modes de transport doux

Mesurer et réduire ses impacts environnementaux

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Prendre en compte l’environnement dans la stratégie et la gestion de l’entreprise

Imaginer des complémentarités

Adopter des techniques moins polluantes

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Le plan de Déplacement d’Entreprise

L’écobilan de site

L’écobilan de produit

Le bilan carbone

Le système de management environnemental (SME) ISO 14001 et les audits environnementaux

L’écologie industrielle territoriale

Les techniques douces ; l’agriculture biologique ;

Les énergies renouvelables

Stratégie des collectivités locales

Imaginer et mettre en œuvre un développement territorial (ou urbain) durable

L’engagement des Communes et Communautés de Communes

L’engagement des Départements

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Source : V. Plauchu

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Take your pipette

Take your pipette

Mme Fioraso, Ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche, prend des mesures pour  développer les enseignements en anglais dans l’Université française … !

Parmi toutes les réactions, j’ai retenu un petit article publié dans Le Canard Enchaîné qui dit beaucoup en peu de mots, et avec la savoureuse ironie propre à ce journal. Bonne lecture !

Take your pipette

« Ah ! Le bel argument brandi par Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, pour justifier le projet de loi qu’elle vient de pondre, lequel prévoit d’autoriser l’usage des langues étrangères (comprenez : l’anglais) dans l’enseignement supérieur en France : « Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde (…). Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table. » Presque aussi fort que Sarkozy piétinant « La princesse de Clèves »…

Ce projet de loi a fait bondir, du professeur au Collège de France et à Columbia University Antoine Compagnon à Jacques Attali, en passant par l’Académie française, laquelle a dénoncé publiquement cette marginalisation du français. Tous font remarquer que l’idée de Mme Fioraso est stupide, puisque les étudiants étrangers sont suffisamment nombreux à vouloir suivre des études en France : ils constituent 13 % des effectifs totaux, soit bien plus que l’Allemagne ou la Suède, qui, elles, enseignent déjà en anglais.

Stupide mais aussi contre-productive : ainsi, l’Université française à Saigon (Hô Chi Minh Ville), qui s’était mise à l’anglais pour attirer les étudiants non francophones, a dû faire machine arrière, les étudiants ayant préféré l’original à la copie et fui en masse vers les facultés américaines de la ville …

Contre-productive mais aussi ridicule : le professeur Pierre Frath raconte, dans « Le Figaro » (18/4), avoir assisté, dans une faculté française, à un cours de médecine en anglais qui se résumait à « put it on the microscope » et « take your pipette » !

Et Antoine Compagnon de rappeler que, contrairement à ce que croit Mme Fioraso, qui ne jure que par le numérique, les nanotechnologies et la biologie de synthèse, Proust est un excellent produit d’exportation ! Enseigner en anglais dans une université française, ça c’est vraiment du temps perdu… »

                                                               J.-L. P.                  Le Canard Enchainé, 24/04/2013

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Impact environnemental des polices de caractères

Impact environnemental des polices de caractères

… ou comment réduire (un tout petit peu) son empreinte écologique en choisissant bien sa police d’impression …

Réduire son empreinte écologique en changeant de police d’impression

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Ecobilan de site – exemple n°3

Ecobilan de site – exemple n°3

Vous trouverez ci-joint un écobilan de site réalisé dans une usine fabriquant du papier

Appl n°3 – Eco bilan d’une usine fabriquant toutes sortes de papiers

Un Ecobilan de site est la présentation, sous forme d’un bilan entrants-sortants, du travail d’identification et de mesure de tous les aspects environnementaux d’un site (usine, atelier, …). Li recensce et mesure donc les entrées de ressources naturelles, et toutes les sorties et donc les déchets, rejets et pollutions de l’air, de l’eau et du sol.

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A propos des « trois piliers » du développement durable

A propos des « trois piliers » du développement durable

Développement durable : critique des approches en termes de « trois piliers »

Vincent PLAUCHU (Univ. de Grenoble-Alpes)

Le Développement Durable doit permettre de « satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. » (Rapport Brundtland, 1987).

Il a donné lieu à des dizaines (des centaines ?) de définitions, mais au fil des ans et des débats, l’habitude a été prise de préciser le contenu de ce concept, en disant qu’il comprend « trois piliers » :

Écologique : il s’agit de préserver les ressources naturelles à long terme ;

Économique : il n’y a pas de progrès général sans une économie prospère;

Social : il s’agit d’assurer un progrès social général.

Nous pensons que cette habitude doit être remise en cause, car cette approche conduit à de faux consensus.

En effet, les dits « trois piliers » (qui sont d’ailleurs peut-être quatre, comme les Trois Mousquetaires) n’ont pas du tout le même statut.  Certains sont des objectifs, d’autres, des moyens, ou des contraintes, … bref, ce ne sont en fait pas du tout des piliers de même nature. Cette approche mérite donc d’être questionnée.

C’est le but de la courte note (deux pages) ci-après :

DD – critique des approches en termes de trois piliers

Vous regarderez aussi avec intérêt les positions de Dominique BOURG, dont le court extrait ci-après donne la tonalité :

Dominique BOURG critique les trois piliers du développement durable

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