Les catastrophes augmentent le PIB !

L’affirmation ci-dessus est devenu un pont aux ânes des critiques de la comptabilité nationale et du PIB.

L’argument est assez simple. La réparation d’une catastrophe va générer des dépenses qui augmentent le PIB alors que les pertes ne sont pas comptabilisées.

1. les dépenses génèrent des revenus qui augmentent le PIB certes, mais qui parfois permettent de verser des revenus à des personnes au chômage ou sans activité. Y a-t-il de bonnes activités et de mauvaises activités, en restant dans la légalité bien entendu, c’est affaire de vision du monde d’éthique ou de morale. En Inde, les activités impures sont réalisées par des intouchables, faut-il étendre ce point de vue ;

2. Une catastrophe entraîne généralement des destructions de patrimoine, les éléments de capital peuvent être évalués. Ce n’est pas le cas des éléments qui ne sont pas du capital. La nature peut être évaluée en partie comme capital. Les autres éléments ne sont pas mesurables ;

3. le PIB ne mesure que des flux, la perte de valeur des éléments patrimoniaux n’intervient pas directement dans son niveau. Les pertes de valeur sont reprises dans la valeur de la richesse nationale ;

4. une catastrophe ou un accident est en partie couvert par des assurances qui sont des éléments de revenus qui avaient été mis en réserve pour faire face à la survenue de l’accident. Il y a transformation d’élément de patrimoine (stocks) en flux, sans survenance régulière d’accident ou de catastrophe, les assurances n’auraient pas d’utilité et les flux mis en réserve auraient été utilisés en consommation ou en investissement ;

5. généralement, l’accident ou la catastrophe réduit des activités ou empêchent la perception de revenus ce qui se traduit par une réduction du PIB ; une plage souillée de pétrole va logiquement réduire les revenus du plagiste, des restaurants, des hôtels et des commerces proches. Ce sont des réductions immédiates du PIB, car généralement, il n’existe pas d’assurance sur les flux de revenus (sinon remarque précédente) ;

6. suite à la catastrophe, les activités vont subir des coûts d’opportunité du fait de la réduction des revenus sur plusieurs périodes. Le PIB augmentera moins ou diminuera. L’évaluation des coûts d’opportunité est difficile. Cet effet est lié à la destruction des éléments de capital.

7. en conclusion, l’effet d’un accident ou d’une catastrophe sur l’évolution du PIB est indéterminé a priori. Seul un calcul précis pourra répondre à la question.

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