Révolutions ou révoltes

Les commentateurs décrivent les derniers événements en Tunisie et en Égypte comme des révolutions. Ils les situent dans la continuité des “révolutions” de couleur réussies ayant touché l’Ukraine, la Géorgie, le Kirghizstan sans oublier la Serbie. Dans le cas de l’Égypte, la révolution se réduit à un départ du chef de l’État et de quelques proches et par la prise du pouvoir des militaires déjà aux affaires. Cette “révolution” se traduit par un changement limité des dirigeants sans modification, pour l’instant, substantielle du pouvoir et de l’organisation économique. Dans une certaine mesure le résultat principal est la réalisation des promesses de l’ancien dirigeant. La situation est assez semblable en Tunisie.
Les mots d’ordre étaient, tels que les media les ont transmis, de l’ordre du changement de dirigeants et de plus de démocratie. Plus de démocratie car formellement des procédures électorales existaient, des élections se tenaient régulièrement. Sur le plan de la démocratie politique plus que d’un bouleversement, il s’agit de mettre en œuvre des réformes permettant la réalisation de la démocratie représentative. Il en est de même pour la démocratie économique (la possibilité pour les acteurs de développer leurs activités économiques sans contraintes politiques). Les revendications tenaient à pouvoir développer les activités économiques dans le respect du cadre légal.
Les manifestations n’étaient ni unifiées ni dirigées par un ou des partis politiques avec un programme et une stratégie.
Ces révoltes, comme dans d’autres situations, ont été victorieuses en ce sens qu’elles ont abouties à une alternance politique. L’espoir est que les nouveaux dirigeants réformeront les institutions ou les formes de la démocratie dans un sens permettant plus de liberté d’expression, de liberté d’entreprendre et mais cela n’apparaissait en filigrané uniquement en Tunisie plus de liberté syndicale pour développer une démocratie sociale encore balbutiante.
La bonne nouvelle c’est que les révoltes peuvent réussir et réformer des régimes autoritaires ou semi-autoritaires.

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