Quelques réflexions sur la crise actuelle

Le terme de crise est véritablement un mot valise mais faute de mieux et pour éviter les périphrases, nous l’emploierons.
La crise du modèle libéral ne se réduit pas aux dysfonctionnements et aux crises du système financier mondial. Des solutions techniques et économiques peuvent permettre d’améliorer son fonctionnement de réduire les aspects les plus choquants de ses évolutions. Si nous en restions à ce niveau, des solutions à la crise pourraient être mise en œuvre sans avoir à repenser le mode de fonctionnement de l’économie mis en place au cours des années 1980 du XXe siècle. Il serait alors possible de sauvegarder la prépondérance de la sphère financière sur la sphère productive caractéristique de la mondialisation. Cette importance du monde financier s’explique par le choix des États de se désengager de la régulation de l’économie et de donner le rôle central aux marchés supposés être plus efficaces dans l’allocation des ressources. C’est un trait constitutif de la forme de régulation des périodes libérales. Celles ci sont émaillées de scandales financiers, de bulles spéculatives, d’enrichissements et de faillites (quoi que dans la dernière période les pouvoirs publics ont agit pour les limiter au minimum). Ces événements assurent la régulation du système (des crises dans la régulation) et permettent des modifications qui améliorent le fonctionnement de l’ensemble.
La crise actuelle du modèle libéral, néoconservateur et patrimonial (d’où des critiques contre le PIB qui ne mesure que des flux) consiste dans l’incapacité de celui-ci à assurer la réalisation de son programme. L’objectif affiché était des plus simples : augmentation de la richesse pour tous. La mondialisation via le respect des lois du marché (consensus de Washington) devait assurer le bien-être de toute l’humanité, améliore la situation de chacun, certes à des rythmes différents et avec des inégalités mais le chemin était tracé. Il est indéniable qu’une partie de ce programme a réussi, des zones se sont développées, de nouvelles puissances ont émergées. Cependant, la dynamique du modèle à conduit également à une croissance des inégalités partout dans le monde y compris dans les parties les plus développées et au maintien voire au retour de la pauvreté de masse et à son double compassionnel la charité en lieu et place de la solidarité. Le mouvement anti puis altermondialiste a rapidement analysé et manifesté contre ces tendances. Les économistes ont également peu à peu changer de position soutenant une mondialisation bénéfique pour tous à une critique des effets de la mondialisation libérale (Paul Krugman en est un des exemples emblématiques). La crise des subprimes, déclencheur de la grande crise actuelle, illustre à la fois l’importance de l’effet de seuil (la goutte de trop, the last straw…) lié à l’innovation financière la plus subtile et également la fin du rêve, de l’idéologie qui assurait l’accès au patrimoine à tous sans s’appuyer sur une base productive. Cette crise est celle de la régulation par les marchés et le système financier, ce n’est pas en l’amendant que des solutions durables pourront être trouvées, ce n’est pas non en en niant les réussites (partielles). Le nouveau modèle devra tout en tenant compte de l’environnement améliorer les systèmes de protection sociale et développer de nouveaux services non marchands.

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